Asseoir la social-écologie sur une nouvelle monnaie

Les américains nous amènent le techno-fascisme au milieu de tous les autoritarismes du monde, Chine Russie Inde Iran Israël Turquie Tunisie Argentine Chili Hongrie.

La démocratie est morte ? C’est l’affirmation de Peter Thiel le fondateur de Palantir et âme damnée des techno fascistes américains, pour lui la liberté et la démocratie sont incompatibles, alors en avant les libertariens accélérationnistes.

Quelle autre voie que la social-écologie opposer à cette montée en péril pour les démocraties du monde ? L’apport de l’écologie dans la sociale démocratie est le besoin fondamental pour s’arrimer au concret de la planète, pour respect les limites planétaires que veulent bafouer les technofascistes.

La nécessité d’équilibrer le climat, la ressource d’eau, la biodiversité, l’air respirable, fonde la réalité du respect de la planète. Mais l’équilibre est aussi nécessaire entre les ressources de pouvoir de bien vivre, le Buen Vivir, pour que la sociale écologie soit acceptable par tous et apporte la joie des équilibres retrouvés.

Un bon exemple d’équilibre c’est le vélo, il y a des côtes et descentes, on fait des efforts puis on se repose, en respirant le grand air, notre dynamique est assurée par le pédalier nécessaire à avancer et même rester en équilibre. Le pédalier c’est comme notre pouvoir d’achat et l’État-providence était bien nécessaire pour que tous aient l’énergie d’avancer.

Si la monnaie d’activité est notre énergie au pédalier, notre euro, il nous faut une monnaie de freinage pour ne pas aller dans le précipice, dans le ravin. C’est l’objectif de la proposition de monnaie carbone qui soit distribuée à tous et renouvelée chaque année avec 6 % de moins pour respecter les limites climatiques et l’Accord de Paris basé sur les données scientifiques du GIEC.

La conception par Pierre Calame en 2009 était centrée sur le problème du réchauffement climatique en l’appelant quotas carbone individuels. Mais en creusant, cette monnaie de freinage apparaît comme nécessaire pour contenir les abus du capitalisme et brider le techno fascisme.

Le techno fascisme est alimenté par l’emballement des IA qui alimentent la Tech autoritaire. Mais l’IA est carbonée, très carbonée, quelques chiffres : une consultation Wikipédia représente 1 g de carbone, une consultation Google fait 5 g, un prompt d’IA fait 20 g de carbone.

Demain avec la monnaie carbone, nous paierons les contenus de tous les produits et services, l’étiquetage le rend visible, chacun devient conscient de ses dépenses et le ses actes, utilisant les IA à bon escient ce qui dégonflera la bulle de la tech-autoritaire.

Les effets sur le capitalisme d’une telle monnaie complémentaire, restent à évaluer, l’argent ne sera plus la seule boussole, l’accumulation perdra-t-elle de son importance ?

La monnaie carbone apporte aussi une certaine justice sociale faisant dire aux riches « Pour une fois j’apprécie de donner de l’argent pour les plus modestes ! ». En effet pour la France, responsable de 644 millions de tonnes de CO2 équivalent par an, la moyenne est 9 tonnes pour chacun des 69 millions de Français, chacun reçoit donc 9000 points carbone Ͼ, les poink, mais 32 % des Français n’en n’auront pas assez pour finir l’année. L’empreinte carbone de chacun est corrélée aux richesses et Lucas Chancel et Thomas Piketty ont démontré que 68 % des Français (les plus modestes) sont en dessous de 9 tonnes, ils auront des excédents. Les riches n’auront donc d’autres possibilités que d’acheter des surplus pour obtenir des marchandises ou des services, car le commerçant a besoin des points carbone pour ses fournisseurs.

Les surplus achetés par les riches proviendront des excédents que certains des plus modestes auront pu monnayer au guichet local. Car la masse totale n’est pas extensible et pour passer de neuf tonnes à deux tonnes en 30 ans, il faut réduire la dotation annuelle de 6 % chaque année. Les surplus seront de plus en plus chers…

Le processus doit être établi démocratiquement, pour que cela tienne 30 ans il faut absolument une décision majoritaire des Français, par référendum ou préférendum. C’est jouable car 68 % des Français y gagnent. Mais il faudra beaucoup de pédagogie et démarrer par les territoires.

Pourquoi démocratique : les chinois sont en mesure de mettre en place une telle monnaie complémentaire, certains en parlent, mais sans contrôle du peuple il y aura des clauses autoritaires qui génèreront encore plus de misère.

La France pionnière pourrait jouer en trois étapes, une loi créant l’étiquetage des produits en carbone, la distribution de monnaie carbone par une agence paritaire et indépendante, et enfin le referendum à questions imbriquées pour décider de la réduction annuelle de 6%.

Il faut qu’une vraie social-écologie s’empare de cette création de monnaie de freinage, en démarrant par le climat puisque c’est le plus existentiel, mais extensible demain à l’eau au plastique à la biodiversité voire une monnaie biomasse. Des responsables comme Raphaël Glucksmann, Delphine Batho, François Ruffin, Boris Vallaud, le jeune parti écolo Équinoxe, connaissent déjà le sujet, ainsi que nombre de macronistes et centristes qui peuvent rejoindre la social-écologie.

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